FARAGO Aveyron, filiale du GDS Aveyron, a proposé à son équipe de pareurs, une formation sur l’éthologie des bovins, animée par une spécialiste de la question, Pauline Garcia, éleveuse dans le Cantal. Bien connaître les animaux et s’assurer de leur bien-être sont en effet, la base des interventions de ces experts en soins des sabots des bovins.

Début juillet, les 10 pareurs de FARAGO Aveyron, accompagnés du responsable de l’équipe, Julien, ont participé à une journée de formation autour de l’éthologie, étude du comportement des animaux. Pauline Garcia, comportementaliste animalière et éleveuse dans le Cantal, leur a livré de précieux conseils dans l’approche des animaux et de nombreuses informations pour mieux comprendre leur comporte-ment. Elle s’est bien sûr appuyée sur l’expérience terrain de ces professionnels, plusieurs ayant déjà des milliers d’intervention à leur compteur !
«Cette journée était très intéressante dans le partage d’expériences entre notre équipe de pareurs et la formatrice mais aussi entre nos pareurs qui finalement, ont peu d’occasions d’échanger sur leurs pratiques respectives», avance Julien, responsable de l’équipe de pareurs. «Chacun a pu partager ses astuces de travail, et découvrir aussi certaines manières d’aborder la tâche du parage avec les animaux et avec les éleveurs qui les accueillent», poursuit-il. D’ailleurs quelques-uns des pareurs ont aussi une double casquette d’éleveur.
Après une matinée en salle, axée sur la théorie, le groupe s’est rendu ensuite, sur le terrain, dans l’élevage Limousin du GAEC de Cancerles à Goutrens pour se mettre en situation de travail. Là, Pauline Garcia a expliqué l’importance de la mise en place de la cage de contention (conseillée sur le côté droit du bovin), d’un couloir sans reflet de lumière (encadré d’une bâche/d’un drap tendu uni mat par exemple) et de l’attention portée au bruit : « Évitez autant que possible d’allumer le moteur, une fois que le bovin est dans la cage ! Privilégiez une corde plutôt qu’une chaîne pour refermer la cage, ça fait moins de bruit !». Pauline Garcia entend, à travers ses interventions, «introduire des pratiques positives avec les bovins» : «des pratiques que vous pouvez partager avec les éleveurs qui vous accueillent, s’ils sont avec vous». Pour que l’intervention se passe au mieux, la comportementaliste animalière conseille de ne pas faire attendre trop longtemps les animaux, de ne pas les isoler trop longtemps.
La posture face à l’animal est primordiale, selon la spécialiste : «Le premier contact est important», misant sur quelques minutes de grattage «sur la tête ou la queue, de bas en haut comme une mère lèche son veau» pour «scanner l’état émotionnel de l’animal et qu’ainsi il associe le parage à un moment cool comme le grattage !».
Des détails qui font la différence
«Et si vous n’avez pas le temps, transmettez cette pratique à l’éleveur qui vous accompagne pendant votre intervention !», glisse-t-elle. Et pourquoi pas aussi proposer de l’aliment au seau, «à hauteur de l’animal pour ne pas qu’il ait à se contorsionner pour l’attraper», au début de l’intervention et à la fin en guise de récompense. «Il y a plein de petits détails qui font la différence et qui peuvent amener du positif dans le parage, n’hésitez pas à les utiliser», a encouragé Pauline Garcia.
Dans toutes les formations qu’elles proposent auprès des éleveurs, des techniciens, des vétérinaires, des jeunes… et maintenant des pareurs, Pauline Garcia poursuit un seul objectif : amener du mieux être dans l’intervention auprès des animaux en intégrant la mémoire positive du bovin pour assurer son bien-être».
Lisa, Christophe, pareurs passionnés
Lisa Capdebarthes et Christophe Bouviala de FARAGO Aveyron, donnent leurs impressions sur le métier de pareur et sur la formation qu’ils ont suivie.
Lisa Capdebarthes est pareuse à FARAGO Aveyron depuis janvier 2024. La jeune femme, passionnée par le milieu animalier, a commencé dans ce métier en 2022, dans le Lot. «Monitrice indépendante dans le milieu équin, je ne connaissais pas le métier de pédicure bovin mais il me plaît vraiment», confie-t-elle. Revenue dans son Aveyron natal, elle a poursuivi dans cette voie : «C’est un métier technique, très intéressant, parce qu’il a trait au bon fonctionnement des pieds des bovins, dans un souci d’améliorer leur marche. Plus que le soin, nous échangeons aussi avec les éleveurs sur les facteurs à risques de lésions sur les pattes et sabots en parlant de bâtiment, d’alimentation… En identifiant l’origine des boiteries, on limite les problèmes», avance Lisa qui milite pour le parage préventif, en lien avec l’Approche Sanitaire Globale. A la question de savoir si ce métier n’est pas trop difficile pour une femme, Lisa répond franchement : «j’interviens sur un secteur géographique, le Saint Affricain, où les éleveurs m’aident pendant l’intervention, notamment dans la contention des animaux. Quand on intervient, on réfléchit avec notre tête plus qu’avec nos muscles !», rit-elle. «Je suis toujours très bien accueillie, d’ailleurs il y a de plus en plus de femmes qui interviennent dans les fermes, qu’elles soient vétérinaires, commerciales, négociantes, inséminatrices…».
En débutant dans le métier, Lisa a suivi une formation spécialisée sur 8 mois, à raison d’une semaine par mois, à Rennes. «Nous apprenons la théorie du parage avec un vétérinaire, notamment les facteurs à risques. Des pédicures professionnels nous forment ensuite sur la pratique», témoigne Lisa, qui, dans son métier d’origine auprès des équins, retrouve des similitudes, en terme d’éthologie. Justement, cette formation avec Pauline Garcia lui a beaucoup plu : «Cette journée a rappelé quelques bases et surtout, nous avons pu échanger entre pareurs sur nos pratiques, on discute de nos vécus, dans différents secteurs, chez différents éleveurs». Elle retient plusieurs conseils qu’elle pense mettre en œuvre sur le terrain : le travail à droite pour suivre le visuel du bovin, apporter une récompense avant et après l’intervention (grattage ou aliment)… «Dans la mesure où nous faisons surtout du curatif, qui génère forcément un peu de douleur, c’est important de pouvoir récompenser l’animal», avance la jeune femme.
Échanges d’expériences
Christophe Bouviala est plus expérimenté dans le métier de pareur. Embauché à FARAGO Aveyron depuis 2000, il est en charge du secteur Lévézou – Laissagais : «J’ai toujours travaillé dans le milieu bovin. Pareur est un métier physique, à risques mais au fil du temps, le matériel a évolué pour nous faciliter la tache… même si aujourd’hui, les vaches sont beaucoup moins manipulées qu’avant et ont moins l’habitude de la contention», constate-t-il. Cette formation avec Pauline Garcia, a été bénéfique pour lui : «On apprend toujours même après plus de 20 ans de métier ! Je n’avais par exemple pas du tout l’idée de l’attention à accorder à la vision à droite d’un bovin». Et pour le reste, notamment l’approche par le grattage, Christophe confie qu’il n’a pas forcément toujours le temps : « Pour autant ce sont des astuces qui peuvent nous permettre parfois de gagner du temps avec les animaux récalcitrants !».
Article rédigé par EVA DZ, la Volonté Paysanne du 30 juillet 2026.




